Manifeste · temps de lecture : 7 min

Pour un projet de travaux, vous remplissez aujourd'hui un formulaire de quatre champs sur un site spécialisé. Vingt minutes plus tard, votre téléphone sonne pour la première fois. Le lendemain, six fois. La semaine d'après, c'est encore quelqu'un. Vous n'avez signé aucun devis ; vous avez juste été ajouté à une liste.

Dedal a été construit en partant de ce constat, et en faisant le choix inverse à chaque embranchement. Cet article décrit ces choix — pour que vous sachiez à quoi vous attendre, et pour qu'on puisse être tenus à nos paroles si on dévie.

Ce qu'est devenu le devis travaux

Demander un devis de rénovation devrait être un acte précis : « voici mon projet, voici trois professionnels capables de le chiffrer, voici trois propositions que je peux comparer ». C'est devenu autre chose. Vous remplissez un formulaire ; vos coordonnées sont vendues, en lot, à cinq ou dix entreprises qui paient pour ce lead, dont aucune ne vous connaît. Certaines vous appellent dans la demi-heure ; certaines ne vous appelleront jamais — elles ont payé le lead « au cas où ». Vous, vous recevez vingt sollicitations pour un projet sur lequel vous vouliez juste réfléchir.

Ce modèle s'est imposé parce qu'il rapporte. Pas parce qu'il sert.

Cinq choses que nous refusons

1. Vendre vos coordonnées

Quand vous décrivez votre projet sur Dedal, votre adresse e-mail et votre téléphone restent chez nous. Trois artisans reçoivent la fiche du projet — pas votre profil. Tant qu'un artisan ne vous a pas envoyé son devis, il ne sait pas comment vous joindre. Il y a une vraie raison à ça : un artisan qui veut votre attention par e-mail doit d'abord faire l'effort de chiffrer.

2. L'enchère au moins-disant

Sur les comparateurs traditionnels, les artisans sont mis en concurrence sur le prix avant même d'avoir compris le projet. Le résultat est connu : devis bidonnés, métrés faux, qualité au plus bas. Les artisans sérieux ne jouent pas à ce jeu — ils partent. Ne restent que ceux qui savent rattraper la marge à l'avenant.

Sur Dedal, les artisans chiffrent leur devis comme ils chiffreraient hors plateforme : à partir de leurs prix unitaires habituels, sans savoir ce que proposent les deux autres. Vous comparez trois propositions construites indépendamment, pas trois enchères.

3. Le lead payant

Sur les comparateurs, un artisan paie pour recevoir vos coordonnées. Même si le projet n'aboutit pas. Même s'il ne vous appelle pas. Le modèle économique pousse à acheter beaucoup de leads et à en convertir une fraction — ce qui veut dire investir dans l'agressivité commerciale, pas dans le chantier.

Sur Dedal, les artisans paient un abonnement mensuel fixe quand ils en ont un. Pas de prélèvement par projet, pas de pourcentage sur le chantier accepté. Ce qui fait que personne n'a intérêt à vous pousser à signer. L'artisan a payé son abonnement ; nous n'avons rien à gagner que vous accélériez la décision.

4. Les classements payants

Vous avez sans doute remarqué que les premiers résultats des comparateurs ne sont pas toujours les plus pertinents. C'est parce qu'ils sont payés pour être là. Sur Dedal, l'annuaire est trié par note moyenne et nombre d'avis ; il n'y a aucun moyen d'acheter une meilleure place. Quand le moteur de recherche dit « par défaut, le mieux noté en premier », c'est vrai.

5. Le démarchage post-inscription

Vous ne recevrez pas d'e-mail « il vous reste un projet en attente », pas de relance « notre IA vous a trouvé un artisan ! », pas de SMS automatique. Si vous voulez reprendre votre brouillon, vous le retrouvez où vous l'avez laissé, dans votre tableau de bord. Pas de relance : si c'est utile, vous reviendrez ; si ça ne l'est pas, on ne va pas vous harceler pour vous convaincre du contraire.

Ce que nous faisons à la place

Une fiche de projet, pas un formulaire

Vous racontez votre projet à un assistant comme vous le feriez à un voisin : « je voudrais refaire ma salle de bain de 6 m² à Paris 11e, plutôt douche à l'italienne, dans les deux mois ». Il pose les bonnes questions, traduit ce que vous dites en termes techniques, et en sort une fiche courte — une à deux pages — qui contient ce qu'un artisan a besoin de savoir pour chiffrer sans revenir vers vous à chaque ligne. Surface, lieu, matériaux envisagés, contraintes du logement, délai. Vous la relisez, vous la validez : c'est cette fiche qui circule, pas votre numéro de téléphone.

Trois artisans choisis pour votre projet, pas tirés au sort

Le matching n'est pas un tirage au sort, ni un classement payant. Quand votre fiche part, nous cherchons parmi les artisans publiés ceux dont le métier correspond exactement (un plombier-chauffagiste pour une PAC, un maçon-carreleur pour une faïence), dont la zone géographique couvre la vôtre, et dont les spécialités déclarées recoupent ce que vous décrivez : « douche à l'italienne », « tadelakt », « parquet massif ». S'ils étaient dix à correspondre, nous nous arrêtons à trois : pour pouvoir comparer, pas être submergé.

Avant qu'ils ne répondent, vous savez à qui vous parlez

Chaque artisan inscrit publie une vitrine — sa page personnelle, qu'il met à jour lui-même, et qui contient ce dont on a besoin pour décider avec quelqu'un sur des travaux : son métier exact, ses spécialités, son ancienneté, son tarif indicatif, son secteur d'intervention. Une biographie — qui il est, comment il travaille. Une sélection de ses dernières réalisations, avec photos et durées. Ses certifications et assurances (Qualibat, RGE, décennale, RC professionnelle), avec leurs dates de validité. Les avis de ses anciens clients, datés, signés du prénom.

Cette vitrine existe avant que vous lanciez un projet : elle est publique, indexée par Google, accessible à n'importe quel moment depuis l'annuaire. Quand un devis arrive d'un artisan, vous ouvrez sa vitrine en un clic depuis votre tableau de bord. Vous ne signez pas avec un nom suivi d'un numéro de SIRET — vous signez avec une personne dont vous avez lu le parcours.

Pour les artisans, la vitrine est aussi leur outil de référence en dehors de Dedal : un lien à mettre sur sa carte de visite, à partager par e-mail, à faire remonter sur Google quand on tape « plombier Paris 12e ». Le bon artisan n'est plus celui qui appelle le plus vite ; c'est celui dont la page raconte le mieux son métier.

Un suivi qui ne s'arrête pas à la signature

Une fois le devis accepté, le chantier ne disparaît pas dans une boîte mail. Il a sa propre page, avec son statut, ses phases, son avancement, son journal partagé entre vous et l'artisan : un endroit pour poser une question, joindre une photo, demander un compte-rendu. À la fin, l'artisan émet ses factures depuis la même interface — préremplies depuis le devis accepté, payables en plusieurs fois si besoin. Vous gardez la trace de tout, au même endroit, sans avoir à archiver vingt e-mails.

Sur quoi nous serons jugés

Tout ce qui est écrit plus haut est facile à dire. Dans douze mois, on saura si on l'a tenu. Si vous trouvez qu'un de ces engagements est tordu, ou pire, abandonné, dites-le-nous — l'adresse est en bas de page. On préfère qu'on nous corrige tôt plutôt que d'apprendre, sur le tard, qu'on est devenus ce qu'on avait promis de ne pas être.